Ne vous laissez pas surprendre par le mal d’altitude
Ce que votre médecin veut que vous sachiez avant de grimper
À l'approche de l'été, certains se préparent pour des vacances à la mer et à la plage, tandis que d'autres préfèrent partir à la montagne. Vous faites partie de ce dernier groupe ? Dans ce cas, mieux vaut faire attention au mal d’altitude. Surtout si vous prévoyez de vous rendre en haute altitude.
Qu'est-ce que le mal d’altitude exactement ?
Le mal d’altitude est un terme générique qui désigne des symptômes qui peuvent apparaître (très) soudainement lorsque vous êtes exposé à un air pauvre en oxygène en haute altitude (au-dessus de 2.000 à 2.500 mètres).
Le mal d’altitude peut prendre différentes formes. Le premier signe est généralement un mal de tête soudain, accompagné de l'un des symptômes suivants :
- fatigue
- faiblesse
- vertiges
- nausées, vomissements ou perte d'appétit.
Ces symptômes apparaissent généralement après un séjour de six à douze heures en altitude.
Le mal d'altitude :
- Survient brutalement
- a souvent comme premier signe des maux de tête
- commence souvent après six à douze heures passées en haute altitude
Mal d’altitude avec œdème pulmonaire ou œdème cérébral
Parfois, au bout de quelques heures ou de quelques jours, d’autres symptômes apparaissent en raison d’une accumulation soudaine de liquide. C’est ce qu’on appelle un œdème. Un tel œdème peut se former dans vos poumons, votre cerveau ou à d’autres endroits de votre corps. Cela peut parfois aussi se produire sans qu’il y ait eu de signes préalables de maux de tête.
En cas de mal d’altitude avec des problèmes pulmonaires dus à une accumulation de liquide (œdème pulmonaire), vous présentez principalement des symptômes respiratoires. Vous avez une toux sèche, souvent accompagnée, au bout d’un ou deux jours, de mucosités mousseuses qui peuvent prendre une couleur rouge (à cause du sang). Vous êtes également essoufflé à l'effort, puis même au repos. De plus, votre rythme cardiaque s'accélère, vous ressentez une pression sur la poitrine et vos lèvres prennent une teinte bleutée (cyanose). Ces symptômes apparaissent un à quatre jours après l'arrivée en haute altitude. Les symptômes s'aggravent lorsque vous êtes allongé.
Symptômes du mal d'altitude avec œdème pulmonaire
- Toux sèche avec, au fil du temps, des expectorations mousseuses (parfois teintées de sang)
- Essoufflement à l’effort, puis également au repos
- Accélération du rythme cardiaque
- Sensation de pression dans la poitrine
- Lèvres bleutées
Le mal d’altitude peut également entraîner des troubles cérébraux dus à une accumulation de liquide et à une surpression dans le cerveau (œdème cérébral). Dans ce cas, vous pouvez présenter des symptômes tels que des gestes irréguliers et maladroits, des nausées, des vomissements, une sensation de vertige et des hallucinations. Vous pouvez également devenir hypersensible à la lumière, avoir des troubles de la vision ou adopter un comportement inhabituel. Des symptômes de paralysie, de la fièvre et une perte de conscience sont également possibles.
Symptômes du mal d'altitude avec œdème cérébral
- Gestes incontrôlés
- Nausées et/ou vomissements
- Sensation de tête légère ou de flottement
- Hallucinations
- Hypersensibilité à la lumière et aggravation de la vision
- Signes de paralysie
- Fièvre
- Altération de l’état de conscience
La situation peut s'aggraver rapidement. Si vous n'intervenez pas à temps, cela peut être mortel. Au cours de l'été 2025, une jeune touriste belge est décédée au Pérou des suites du mal d’altitude. Il est donc important de rester vigilant face aux signes pouvant indiquer un mal d’altitude.

Que faire ?
- Arrêtez immédiatement l’ascension.
- Appelez immédiatement les services de secours.
Comment se développe le mal d’altitude ?
Au niveau de la mer, l'air est riche en oxygène. Mais à mesure que l'on monte, l'air se raréfie et contient de moins en moins d'oxygène. Plus l'ascension est rapide sur une courte période, plus le risque de souffrir du mal d’altitude est élevé.
On ne sait pas encore exactement pourquoi certaines personnes souffrent du mal d’altitude. On sait toutefois que le risque augmente si vous avez déjà souffert de ce mal ou si vous vivez à une altitude inférieure à 900 mètres. Vous courez également un risque accru si vous grimpez trop vite à une altitude élevée (et y passez la nuit), si vous fournissez un effort trop intense ou si vous êtes exposé au froid.
Les causes sous-jacentes
- Plus vous montez en altitude, moins l’air contient d’oxygène.
- La vitesse à laquelle vous prenez de l’altitude détermine votre risque de développer un mal des montagnes.
- L’effort physique et l’exposition au froid augmentent également ce risque.
Le saviez-vous ?
Plus vous montez en altitude, plus le risque de mal d’altitude augmente. À des altitudes supérieures à 2.500 mètres, une personne sur quatre souffre en souffre. À des altitudes supérieures à 5.000 mètres, c'est même une personne sur deux.
Ne montez pas trop vite
Le risque de mal d’altitude est moindre si vous montez lentement et prenez suffisamment de temps pour vous acclimater. Cela signifie que votre corps a le temps de s'adapter à l'air raréfié en haute altitude. Votre corps s'y adapte, par exemple, en vous faisant respirer un peu plus vite et en produisant davantage d'urine. La capacité d'adaptation à la haute altitude varie d'une personne à l'autre
Choisissez bien votre lieu de couchage
Vous passez la nuit en montagne ? Adaptez progressivement l'altitude à laquelle vous passez la nuit.
- Vous souhaitez passer la nuit à plus de 2.800 mètres d'altitude ? Prévoyez alors à l'avance une nuit à une altitude intermédiaire.
- Vous souhaitez passer la nuit à plus de 3.000 mètres d'altitude ? Dans ce cas, limitez le dénivelé entre les lieux d'hébergement à 500 mètres. Prévoyez également une journée de repos tous les 1.000 mètres de dénivelé, ou au moins tous les trois à quatre jours.
Vous avez déjà souffert du mal d’altitude et il ne vous est pas possible d’opter pour une ascension progressive pour une raison valable ? Dans ce cas, vous pouvez prendre un médicament à titre préventif. Discutez-en toujours au préalable avec votre médecin.
Descendez à temps
Si vous vous trouvez à plus de 2.500 mètres d'altitude et si vous souffrez de maux de tête et, par exemple, de vertiges, de fatigue, d'une perte d'appétit, de nausées ou de vomissements, vous souffrez peut-être du mal d’altitude et il vaut mieux ne pas continuer à monter.
Vos symptômes ne s'améliorent pas après le repos ? Dans ce cas, vous devez redescendre. Ne le faites pas seul et planifiez de préférence au préalable votre itinéraire de retour. Descendez de préférence d'au moins 500 mètres, par exemple jusqu'à l'endroit où vous avez passé la nuit la dernière fois sans ressentir de symptômes.
Comment prévenir le mal d'altitude ?
- Ne montez pas trop rapidement afin de permettre à votre organisme de s’adapter à l’air de plus en plus raréfié.
- Choisissez votre lieu de couchage en fonction du dénivelé atteint.
- Redescendez à temps si vous constatez que votre état se dégrade.
Vous remarquez des symptômes suspects chez un enfant ? Dans ce cas, il doit être immédiatement transporté vers des zones de plus basse altitude. De même, si vous ou quelqu'un d'autre développez un mal d’altitude accompagné d'un œdème pulmonaire ou cérébral, il s'agit d'une urgence médicale. Les services de secours mettront alors tout en œuvre pour vous aider à redescendre le plus rapidement possible.
Si vous pensez souffrir du mal d’altitude ou si vous remarquez ces symptômes chez quelqu'un d'autre, la règle est la suivante :
- Arrêtez-vous
- Reposez-vous
- Traitez les symptômes du mal d’altitude s’ils persistent
- Descendez dès que possible.
- En présence de signes d’œdème pulmonaire ou d’œdème cérébral : appelez immédiatement les services de secours.
Profitez pleinement des montagnes et des panoramas, mais n'oubliez pas de rester vigilant pendant l'ascension et de prendre soin de vous et de vos compagnons de voyage. Vous vous assurerez ainsi que tout le monde passe des vacances exceptionnelles, inoubliables pour les bonnes raisons.
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